
J’ai remarqué que ces derniers temps, quand je pense à Twitter, ou X comme je devrais désormais l’appeler, me revient cette sensation que l’on éprouve en revenant dans un endroit qu’on aimait et qu’on ne reconnaît plus. Les murs sont les mêmes, mais l’atmosphère est complètement différente. C’est ce qui m’arrive chaque fois que j’ouvre l’app, que je scrolle un peu et que je la referme avec un vague malaise. Peut-être est-ce le ton général qui a changé, peut-être ce sont les choses qui remontent plus facilement, sans filtre. Je ne sais pas. Mais je sais qu’il y a eu un moment précis où quelque chose s’est cassé, et ce moment remonte à décembre 2022, quand Elon Musk a dissous le Trust and Safety Council de Twitter.
J’ai passé pas mal de temps à repenser à cette histoire, en cherchant à comprendre ce qu’était vraiment ce conseil et pourquoi son élimination me semble si significative. La réponse que je me suis donnée n’est pas simple, et c’est peut-être pour cela que je m’y suis attaché.
Ce qu’était le Trust and Safety Council
Le Trust and Safety Council était né en février 2016, en réponse aux critiques que recevait Twitter sur la gestion des contenus nuisibles. Une centaine d’organisations indépendantes, des experts de droits civils, des universitaires, des activistes, s’étaient réunis pour conseiller Twitter sur des sujets sensibles. Discours de haine, exploitation des mineurs, prévention du suicide, santé mentale. Ils n’avaient aucun pouvoir décisionnel, soyons clair là-dessus. Ils ne décidaient pas quels comptes bannir ou quels posts retirer. Ils étaient des conseillers, des personnes que Twitter écoutait au moment de décisions complexes. Patricia Cartes, l’employée de Twitter qui avait créé ce conseil, l’avait imaginé comme un moyen d’apporter une perspective globale, d’éviter que la plateforme reste trop ancrée dans une vision américaine. Et pendant six ans, avec ses limites, cela avait fonctionné.
La promesse trahie de Musk
Quand Elon Musk a finalisé l’acquisition de Twitter pour 44 milliards de dollars, le 27 octobre 2022, il avait fait une promesse qui semblait raisonnable. Il formerait un « content moderation council » avec « widely diverse viewpoints », et aucune décision importante ne serait prise avant que ce conseil ne se réunisse. À ce moment-là, je m’étais dit que les inquiétudes étaient peut-être exagérées. L’approche semblait prudente, presque rassurante.
Mais cette promesse ne s’est jamais réalisée. Il n’y a jamais eu de nouveau conseil. Et l’ancien, qui existait depuis six ans, a été progressivement marginalisé jusqu’à disparaître entièrement.
En novembre 2022, Twitter a licencié environ la moitié de ses salariés, soit 3 700 personnes. L’équipe Trust and Safety a été réduite de 15 %. Yoel Roth, qui dirigeait cette équipe, avait d’abord cherché à rassurer en disant que les politiques de modération ne changeraient pas. Mais c’était une défense fragile, bâtie sur des fondations qui cédaient déjà. Quelques semaines plus tard, Roth démissionnait.
Le cas Yoel Roth
L’histoire de Yoel Roth est celle qui m’a le plus marqué dans toute cette affaire, et je crois qu’elle mérite d’être racontée intégralement. Il était à Twitter depuis 2014, avait construit l’équipe Site Integrity à partir de rien jusqu’à 220 personnes. Il avait travaillé sur des choses importantes : la lutte contre la désinformation pendant les élections américaines, le contrôle des opérations d’information warfare. Il était, en somme, l’une des personnes qui savaient vraiment comment fonctionnait tout le système de modération de la plateforme.
Après sa démission, Musk a commencé à l’attaquer publiquement. Il a pris un paragraphe de la thèse de doctorat de Roth de 2016, une étude académique sur Grindr et les dynamiques de la communauté lgbtq, l’a cité hors contexte et a insinué que Roth était un soutien de la pédophilie. Une distorsion totale, une fausseté délibérée pour alimenter la rage en ligne.
Les conséquences ont été immédiates et terribles. Roth a reçu des milliers de menaces. Il a dû quitter sa maison avec son mari. Il a vendu sa maison et s’est caché pendant des mois. Il a eu besoin de protection armée. Dans une interview sur MSNBC en 2023, Roth a dit clairement ce qu’il pensait :
I believe he was trying to ensure I would not speak up about him or the company in the future. And the way he tried to secure that was intimidating me by violence.
Chaque fois que je relis cette phrase, je m’arrête un instant. Ce n’est pas seulement un licenciement, ni même seulement une critique publique. C’est une tentative délibérée de réduire quelqu’un au silence par la peur et l’intimidation. Et le fait que cela vienne de l’homme le plus riche du monde, avec accès à des millions de followers, rend la chose encore plus inquiétante.
En décembre 2022, trois membres clés du Trust and Safety Council ont démissionné : Eirliani Abdul Rahman, Anne Collier et Lesley Podesta. Dans leur lettre de démission, elles ont écrit quelque chose qui, avec le recul, sonne comme une prophétie :
Contrary to claims by Elon Musk, the safety and wellbeing of Twitter’s users are on the decline.
Anne Collier, membre fondateur du conseil en 2016, avait observé :
It is evident from research findings that, contrary to Elon Musk’s assertions, the safety and well-being of Twitter’s users are deteriorating.
Ce n’étaient pas des paroles en l’air, c’étaient des constats fondés sur des années d’expérience directe.
La réponse de Musk a été brutale et malhonnête. Il a accusé le conseil, et en particulier les trois membres démissionnaires, de n’avoir rien fait pendant des années contre l’exploitation des mineurs. Jack Dorsey, l’ex-PDG de Twitter, a répondu simplement : « this is false ». Et il avait raison. Le conseil avait toujours eu un groupe dédié précisément à l’exploitation des mineurs, qui incluait des organisations comme le National Center for Missing & Exploited Children.
La dissolution et les Twitter Files
Le 12 décembre 2022, Twitter a entièrement dissous le Trust and Safety Council. L’email d’annonce est arrivé environ une heure avant une réunion programmée avec les membres du conseil. Il était signé simplement « Twitter », sans nom personnel. La motivation officielle : le conseil « is not the best structure » pour recevoir des conseils externes. Patricia Cartes, qui avait créé le conseil en 2016 et quitté Twitter en 2018, a commenté d’une phrase simple mais dévastatrice :
means there’s no more checks and balances.
Je suis longtemps resté sur cette phrase. Les checks and balances, les contrôles et contre-poids, sont ce qui empêche le pouvoir de se concentrer trop en un seul point. Ce qui nous protège des abus. Et quand ils disparaissent, rien de visible ne se passe dans l’immédiat. Simplement, un espace s’ouvre là où il y avait une limite.
Entre-temps, Musk avait lancé les Twitter Files, une série de divulgations de documents internes confiés à des journalistes comme Matt Taibbi et Bari Weiss. L’idée affichée était la transparence, montrer comment fonctionnaient vraiment les décisions de modération. Mais il y avait un problème énorme : les noms d’employés de Twitter, même ceux de bas niveau, n’étaient pas masqués. Un membre du staff aux Philippines a été doxé et soumis à du harcèlement grave. D’autres sont devenus la cible de théories complotistes. Des décisions prises par des équipes de dizaines de personnes selon des policies d’entreprise ont été présentées comme des caprices arbitraires d’individus, chacun étant nommé et désigné. Mike Masnick, journaliste tech, a commenté après la première salve qu’il n’y avait en réalité « absolutely nothing of interest » dans les documents, et que les rares détails comportaient des inexactitudes factuelles importantes. Musk lui-même s’est lassé de l’initiative. Mais le mal était fait.
Discours de haine et fuite des annonceurs
Les chiffres racontent une histoire que Musk a toujours niée, mais que la recherche a documentée assez clairement. Une étude de Montclair State University a relevé que dans les 12 premières heures suivant l’acquisition par Musk, il y avait eu 4 778 tweets contenant du discours de haine, alors qu’auparavant le maximum était de 84 tweets par heure. Ce n’a pas été qu’un pic temporaire. Une étude de Berkeley, publiée dans PLOS ONE en 2025, a analysé le discours de haine sur X entre janvier 2022 et juin 2023, relevant une augmentation constante de 50 % pendant au moins huit mois après le rachat. Les insultes transphobes sont passées d’environ 115 posts par semaine à 418. L’engagement avec des contenus de haine a augmenté de 70 %. Et non, il n’y a pas eu de réduction des comptes-bots, contrairement aux promesses de Musk.
Je me demande souvent ce que ces 50 % signifient vraiment. Ce ne sont pas que des chiffres sur un graphe. Ce sont des personnes réelles qui voient des insultes racistes, homophobes, transphobes en ouvrant l’app. Ce sont des communautés marginalisées qui se sentent moins en sécurité dans un espace qu’elles fréquentaient. C’est un climat qui change, lentement mais inexorablement, et qui influence ce que les gens disent et taisent.
Les annonceurs s’en sont aperçus tout de suite. En novembre 2022, de grandes marques comme General Motors, General Mills, Macy’s et Volkswagen ont suspendu leur publicité sur Twitter. Musk lui-même a parlé de « massive drop in revenue ». Des données ultérieures ont montré que Twitter a perdu la moitié de ses revenus publicitaires, avec plus de 500 annonceurs qui ont cessé de dépenser sur la plateforme. Ce n’était pas qu’une question économique. C’était un vote de défiance. Les annonceurs ne voulaient pas voir leur marque côtoyer du contenu de haine et de la désinformation. Et quand Musk a changé les politiques, en réintégrant Donald Trump après un sondage Twitter en novembre 2022, en retirant les protections pour les utilisateurs transgenres des guidelines en avril 2023, les annonceurs ont compris la direction. Certains sont revenus. Apple, Comcast, Disney, IBM ont repris leur publicité sur X en 2024 et 2025, avec des budgets bien plus réduits. Mais la confiance n’est pas revenue. Et peut-être ne reviendra-t-elle jamais entièrement.
Il y a un paradoxe intéressant dans les statistiques sur la sécurité des mineurs. Musk avait accusé le Trust and Safety Council de ne pas en avoir fait assez contre l’exploitation des mineurs. Mais les chiffres racontent une histoire plus complexe. Au second semestre 2021, Twitter avait supprimé environ 600 000 comptes pour exploitation de mineurs. En 2022, sous Musk, 2,3 millions de comptes ont été supprimés. En 2023, le nombre est monté à 12,4 millions, avec 850 000 signalements envoyés au National Center for Missing & Exploited Children, huit fois plus qu’en 2022.
Des chiffres impressionnants, qui semblent suggérer une amélioration. Mais j’ai pris un peu de temps pour y réfléchir, et je me suis rendu compte qu’ils pouvaient signifier l’inverse. Plus de comptes à supprimer pourrait vouloir dire plus de matériel d’abus présent sur la plateforme. Et avec une équipe Trust and Safety réduite de 15 % et une approche qui privilégie l’automatisation à la modération humaine, il est difficile de dire si ces chiffres représentent un succès ou une crise mal gérée. Je manque d’expertise pour trancher, mais le doute reste.
Du content moderation council promis par Musk, on n’a jamais vu la trace. Jamais créé, jamais réuni, jamais d’annonce officielle disant « on a changé d’avis ». Disparu, comme s’il n’avait jamais été promis. À la place, Musk a introduit Community Notes, anciennement Birdwatch, un système de fact-checking crowdsourcé où les utilisateurs peuvent ajouter du contexte aux posts. L’idée est en théorie intéressante : démocratiser la modération, donner voix à la communauté.
Mais la recherche montre que c’est problématique. Une étude a relevé que dans 91 % des posts où au moins une note avait été proposée, aucune n’avait atteint le statut de « helpful ». Le délai moyen pour obtenir une note helpful est de 26 heures, bien au-delà du moment de visibilité maximale d’un post. Et 74 % des notes exactes liées aux élections présidentielles américaines de 2024 n’ont jamais été affichées aux utilisateurs. Community Notes peut fonctionner, mais seulement si le contexte arrive à temps. Et la plupart du temps, il n’arrive pas.
Ce que nous avons vraiment perdu
En reprenant le tout, je me rends compte que nous n’avons pas seulement perdu un organe consultatif. Nous avons perdu un modèle de gouvernance qui, aussi imparfait fût-il, cherchait à équilibrer plusieurs intérêts : la liberté d’expression, la sécurité des utilisateurs, les droits des communautés marginalisées.
Le Trust and Safety Council n’était pas parfait. Certains membres se plaignaient déjà avant l’acquisition de Musk que Twitter les ignorait. Mais c’était une tentative de faire ce que les plateformes peinent encore à faire : écouter des voix diverses, intégrer une expertise externe, admettre que les décisions de modération sont complexes et demandent des nuances.
À sa place, on a un autre modèle : des décisions prises « by edict », comme Yoel Roth l’a écrit dans son op-ed du New York Times. Un seul homme, avec ses convictions et ses biais, qui décide de ce qui est acceptable et ne l’est pas. Et quand quelqu’un critique ou démissionne, il est attaqué publiquement, menacé, contraint de se cacher.
Une chose m’a particulièrement frappé : la lettre conjointe de 16 membres du Trust and Safety Council après la dissolution. Ils ont condamné « the dramatic changes to, and arbitrary enforcement of, content moderation policies and practices at Twitter ». Ils ont souligné que le conseil ne décidait pas de posts ou comptes spécifiques, n’avait pas voix au chapitre sur les investissements ou l’approche aux contenus illégaux. Et puis ils ont dit quelque chose qui mérite d’être retenu :
We condemn the irresponsible actions of Twitter leadership in jeopardizing the safety of Council members, including those who resigned before Twitter disbanded the Council, by amplifying disinformation about us and the Council’s purely advisory role, sparking huge levels of abuse targeted at the resigning members.
C’étaient des personnes qui avaient consacré des années, gratuitement, en bénévoles, à essayer de rendre Twitter plus sûr. Et elles ont été payées en désinformation, accusations fausses et menaces.
Ce qui s’est passé au Trust and Safety Council ne concerne pas que Twitter. C’est un précédent. Cela montre ce qui peut arriver quand une plateforme à fort impact public est contrôlée par une seule personne qui n’accepte ni limite ni conseil externe.
Les conséquences, on les voit maintenant. X est devenu un autre lieu. Le discours de haine a augmenté de manière mesurable. Les annonceurs ont fui et seuls quelques-uns reviennent, prudemment. Les utilisateurs migrent vers d’autres plateformes, Bluesky a vu une croissance énorme au moment même où certaines entreprises revenaient timidement sur X. Et surtout, on a perdu cette petite illusion que les plateformes sociales pouvaient être gouvernées par un dialogue avec la société civile, des experts indépendants, celles et ceux qui se battent pour les droits humains.
Me revient souvent la phrase de Patricia Cartes, « there’s no more checks and balances ». Cela paraît exagéré, mais ne l’est pas. Quand Musk a dissous le Trust and Safety Council, il n’a pas seulement éliminé un groupe de conseillers. Il a envoyé un message : je n’ai pas besoin de conseils externes, je n’ai pas besoin d’experts, je n’ai pas besoin d’équilibrer des intérêts différents. C’est moi qui décide.
Et c’est, au fond, ce qui m’inquiète le plus. Ce n’est pas que Twitter. C’est un modèle qui se reproduit ailleurs. D’autres plateformes regardent ce qui s’est passé et pensent pouvoir faire pareil, se débarrasser des voix gênantes, de ces conseillers qui ralentissent les décisions.
Mais ces voix gênantes servaient à quelque chose. Elles servaient à nous rappeler que derrière chaque décision de modération, il y a des personnes réelles, des communautés réelles, des vies réelles. Et que peut-être, juste peut-être, les décisions les plus difficiles sont celles qui demandent plus de temps, plus d’écoute, plus d’humilité.
Décembre 2022 paraît loin, mais ses conséquences sont encore là, chaque fois qu’on ouvre X et qu’on voit ce qu’il est devenu. La question que je me pose n’est pas tant « comment en est-on arrivé là », parce que la réponse, je la connais. C’est plutôt « où va-t-on ». Parce que si on ne trouve pas un moyen de bâtir ces contrôles et contre-poids dans chaque service d’utilité publique, dans les plateformes sociales comme ailleurs, je crains que la réponse ne nous plaise pas.
Ce qu'il faut retenir
Dissoudre le council n’a pas été de l’efficacité : c’était un message — pas besoin de conseils extérieurs, c’est moi qui décide.
Yoel Roth est l’exemple concret de ce qu’il arrive quand l’homme le plus riche du monde décide de réduire au silence celui qui travaillait à la modération : menaces, doxxing, protection armée.
Le DSA européen est le dernier rempart institutionnel : la responsabilité des plateformes ne peut pas dépendre de la volonté d’un PDG.
Questions & réponses
Qu'était le Trust and Safety Council de Twitter et pourquoi a-t-il été dissous ?
Un organe consultatif externe composé d’ONG, d’universitaires et d’experts de la modération qui, de 2016 à 2022, conseillait Twitter sur les politiques relatives au discours de haine, au harcèlement, à la désinformation, à la protection des mineurs. Il a été dissous après le rachat par Elon Musk en 2022, en même temps qu’une grande partie de l’équipe interne de Trust & Safety. Officiellement par souci d’efficacité. Dans les faits, par une autre conception de ce que signifie la liberté de parole sur une plateforme.
Quelles sont les conséquences concrètes sur l'environnement X/Twitter ?
Documentées dans la littérature académique et les rapports indépendants : croissance des contenus de haine, augmentation des comptes d’usurpation non supprimés, signalements souvent sans réponse, érosion de la confiance institutionnelle des médias et des chercheurs. Ce ne sont pas des opinions : ce sont des mesures réalisées par des tiers qui avaient auparavant accès aux données de la plateforme et doivent désormais y recourir avec des outils indirects.
Pourquoi cela compte-t-il aussi pour qui n'utilise pas X ?
Parce que cela crée un précédent pour les autres plateformes. Quand le modèle « modération forte » est publiquement déclaré failli par le propriétaire le plus visible, les autres entreprises recalibrent leurs investissements à la baisse. Toutes ne suivent pas — Meta et TikTok ont des trajectoires différentes — mais le climat culturel où la modération est un coût, pas une responsabilité, facilite la réduction du personnel dédié partout.
Que répond l'Europe avec le Digital Services Act ?
Le DSA ne dépend pas de la volonté d’un PDG : il impose des obligations contractuelles aux very large online platforms, dont l’évaluation systémique des risques, l’accès des chercheurs aux données, la transparence des critères de modération, et des sanctions jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. Si Musk décide de dissoudre son council, le DSA le lui permet — mais impose tout de même une infrastructure minimale de responsabilité. C’est le rempart institutionnel à la dérégulation unilatérale.